Le parcours suivra le tracé de l'excellente carte Bikeline de chez Verlag Esterbauer

Le parcours est d'environ 1400 km aller/retour (promenades en ville comprises), avec des étapes de l'ordre de 60 à 70 km. Le départ est le 24 juillet de Berlin... Chloé reste ici pour son job d'été.

Contrairement à nos habitudes, nous décidons de passer un certain nombre de nuits "en dur" : hôtel à Copenhague, appartement à Berlin à la fin du parcours, plus un hébergement en auberge. Le reste sera en camping (2/3 des nuits seulement) si le temps le permet.

La rando est motivante car elle relie 2 "joyaux" (Berlin et Copenhague) que nous prendrons grand plaisir à visiter.

Après le long voyage en voiture jusqu'à Berlin, nous la laissons sur le parking du camping "Tentstation", où nous passons la première nuit... Ce camping est une ancienne piscine désaffectée, où toutes les installations (plongeoirs, bains, etc.) sont restées, et où les tentes sont empilées en vrac, sans beaucoup d'espace entre elles...

La surprise est la douche collective, que l'on retrouvera dans un autre camping de l'ancienne Allemagne de l'Est... ce qui n'empêche pas l'ambiance avant le départ d'être excellente !

 


26 juillet : Berlin - Liebenwalde, 68 km

Plat, beau temps. Comme c'est la première étape, on n'est pas encore complètement rodé, et le départ est un peu tardif. Départ de Berlin en longeant la Havel, sur terrain plat avec un temps magnifique.

Il y a peu de cyclistes sur la piste cyclable, très bien fléchée, qui nous conduira sans aucun problème jusqu'à Copenhague. Premier pique-nique le long de la rivière.

Et nous croisons notre première Trabant ! Au fil des kilomètres, nous prendrons de plus en plus conscience des lieux chargés d'histoire que nous traversons.

Les revêtements seront très différents pendant toute la rando, mais en restant très protégés des voitures en Allemagne. Par contre, les pistes au Danemark sont moins protégées : on est souvent sur la même route que les voitures.

Nous arrivons dans le gite d'étape, très confortable, et nous sortons nous promener dans Liebenwalde, où nous rencontrons une autre trace du passé : une enseigne effacée de la coopérative Konsum, très répandue en Allemagne de l'Est.


27 juillet : Liebenwalde - Wustrow, 72 km

Début plat, puis relief modéré, beau temps. On roule longtemps le long d'un canal, où on croise une cigogne.

On aborde ensuite une agréable forêt, dans une région avec de nombreux lacs et étangs. On profite de la traversée de petites villes pour renouer avec la tradition "Kaffee & Kuchen" ! Nous visitons le four circulaire d'une ancienne briqueterie (elle est transformée en musée)

La balade continue, dans un environnement très plaisant : routes ombragées, lacs, petits villages, églises...

Puis nous tombons sur le camp de concentration de Ravensbrück, sans y être préparés. Le constraste avec les kilomètres précédents idylliques est trop dur, nous préférons ne pas nous y arrêter aujourd'hui, par contre nous y passerons un long moment au retour.

Notre rituel continue avec le passage "courses du jour", reprenant nos menus à base de sandwiches le midi et de pâtes le soir !

La fin de l'étape est légèrement vallonée, mais rien de préoccupant : la preuve étant le nombre incroyable de cyclos que l'on rencontre ou que l'on suit... Un vrai boulevard !

On arrive au sec, malgré des menaces de pluie, et on retrouve les douches collectives du camping !


28 juillet : Wustrow - Waren, 68 km

Relief modéré, pluie "accommodante". Il pleut la nuit, puis il pleut au réveil. Heureusement, il y a une salle dans le camping, nous permettant de prendre le petit déjeuner au sec.

Dans la matinée, il faudra plusieurs fois mettre puis enlever la cape. La pluie n'est pas forte et nous roulons très bien.

Le paysage est très diversifié, comme par exemple ici une forêt marécageuse fréquentée par des cygnes.

Mais ce qui nous surprend le plus, c'est la diversité des revêtements : terre, bitume, plaques de ciment, pavés, ou même deux voies parallèles comme ci-contre. Ce n'est pas une piste cyclable, mais bien une route, très peu fréquentée heureusement.

Depuis 3 jours, nous sommes frappés aussi par le nombre de grands bâtiments abandonnés que nous croisons (usines, entrepôts, grandes fermes) Il a beaucoup plu dans la région les jours passés, et nous croisons parfois des routes ou des chemins inondés. Rien de grave pour le moment, mais le temps est incertain, assez humide...

Arrivée au camping, montage au sec, puis sortie dans le coquet centre-ville à la recherche d'un Biergarten. Nous en trouvons un charmant, mais avec un service d'une (très) rare lenteur, à tel point qu'on a le temps de jouer aux cartes entre les plats !


29 juillet : Waren - Krakow am See, 50 km

Relief modéré, très grosse pluie toute la journée.

Il pleut toute la nuit, mais par chance la pluie fait une pause à 7h30 pour que l'on puisse déjeuner et démonter le camp... Puis elle continue toute la journée, de forte à très forte. Il y a donc peu de photos !

L'après-midi est assez difficile moralement, puisque rien ne laisse présager une amélioration. Heureusement, le camping de Krakow am See propose un abri en dur pour les backpackers, dont nous découvrons l'existence grâce à l'office de tourisme... En effet, le gérant du camping ne le propose pas de lui-même, il faut le réclamer. C'est sommaire, mais on est au sec, et les vélos sont protégés dans un garage en construction.

A noter que "Ginette", mon fidèle GPS depuis plus de 4 ans, vient de rendre l'âme... Elle n'a pas supporté toute cette flotte !


30 juillet : Krakow am See - Schwaan, 66 km

Relief modéré, ciel de traine.

Il pleut la nuit, mais le temps s'améliore le matin, et il va faire de plus en plus beau dans la journée. Nos affaires n'ont pas séché, mais il n'y a rien de grave ! Les rues au départ sont assez "humides"

Le paysage est quant à lui encore assez gris et froid, mais nous reprenons la route avec entrain.

Nous prenons notre Kaffee & Kuchen à Güstrow, charmante petite ville.

Un grande quantité d'eau est tombée, et nous longeons de plus en plus de champs inondés. La suite ne va pas s'améliorer ! Quand ce n'est pas carrément la route qui est inondée ! Un peu plus loin, on croisera une rivière en crue.

Encore un exemple de faune locale, imperturbable face aux éléments ! Les villages sont charmants, et nous croisons quelques anciennes églises très mignonnes. L'étape se déroule sans problème jusqu'à Schwaan, ville que je trouve assez triste. Pendant la nuit, pluie non-stop...


31 juillet : Schwaan - Marielyst (DK), 54 km

Relief modéré, menaces de pluie puis vent assez fort.

Le matin, nous croisons encore une petite rivière qui déborde légèrement. Les terrains sont imbibés d'eau.

Nous rencontrons encore des Trabant, en très bon état !

Et une piste cyclable inondée !

Puis c'est l'entrée dans le ferry, en plein soleil...

... et l'arrivée au Danemark, toujours avec le beau temps !

A l'arrivée à Marielyst, nous montons au sec, puis nous nous promenons au bord de l'eau (froide). Le camping présente des signes inquiétants : le terrain est saturé d'eau et n'absorbe plus... On verra bien demain ce qui nous attend !


1er août : Marielyst - Koster, 58 km

Plat, soleil avec menace d'orages, peu de vent.

Belle étape. Nous roulons 45 km avant la pause déjeuner, en partie sur une magnifique piste en forêt longeant la mer.

Puis c'est un nouveau petit ferry, pour Bogø... Nous pique-niquons près de l'église de "Fanefjord Kirke", que j'avais déjà vue l'an dernier, mais dont les décorations intérieures sont toujours aussi émouvantes.

Ensuite, c'est autour d'une très ancienne tombe viking que nous prenons une courte pause.

Le camping de Koster est situé sur une ancienne digue : c'est la route qui desservait le ferry traversant "Ulvsund" avant qu'un pont ne le remplace (celui qu'on voit ci-contre). Nous sommes entourés par la mer, et l'ambiance est géniale !

Nous nous reposons, entretenons les vélos, et reprenons des forces pour le lendemain !


2 août : Koster - Rødvig, 61 km

Relief modéré, grand soleil, peu de vent.

Magnifique lever sous la brume ! Le paysage d'hier soir est complètement transformé, nous n'y voyons pas à 20 mètres...

Puis le brouillard se dissipe peu à peu pendant le petit déjeuner, pour laisser place à un grand soleil. C'est mieux pour la sécurité des cyclistes. Au Danemark, il y a moins de pistes cyclables qu'en Allemagne : ce sont sont plutôt des routes à très faible circulation que nous prenons.

L'étape est très belle, avec toujours vue sur la mer, en passant le long de fjords.

Nous achetons quelques légumes sur un étal le long de la route, puis prenons un café à Præsto. C'est là que je m'adresse à un couple de cyclistes danois portant un tee-shirt "Savoie - Le Galibier" (mon département de naissance...). Nous discutons un moment du vélo, puis nous sommes rejoints par 2 cyclistes copenhaguais (dont un parfaitement francophone) avec qui nous parlons aussi de vélo...

Ils nous donnent leurs coordonnées à Copenhague en cas de problème.

Nous arrivons à Rødvig sous un grand soleil !

La pause est bienvenue pour notre équipe, on en profite pour lézarder un peu.

Puis sortie le soir sur le port de Rødvig : le temps est calme, et de nombreux Danois sortent leurs barbecues pour manger une grillade sur le port.


3 août : Rødvig - Hundige, 70 km

Relief modéré, grand soleil, peu de vent.

Vent souvent favorable au début, et donc moyenne assez élevée (c'est agréable, même si on ne roule pas en se focalisant sur la moyenne). Ensuite, le vent sera moins favorable... Anne a failli acheter quelques objets sur un vide-grenier rencontré en route, mais la raison l'emporte : les sacoches sont déjà bien lourdes.

Il y a un peu de circulation sur les routes. Nous croisons à nouveau de grandes exploitations agricoles, en particulier autour du château de Gjorslev. Nous apercevons des zones urbaines au loin, en particulier Copenhague ...

Un clin d'œil à une enseigne de supermarché !

On traverse Køge puis nous nous arrêtons à 30 kilomètres de Copenhague, malgré mon envie de continuer.

Après le montage du camp, nous décidons d'aller à Copenhague en train, pour prendre le poul de la ville...

Une brève promenade me rappelle plein de souvenirs, j'adore l'ambiance de cette ville !


4 août : Hundige - Copenhague, 28 km

Plat, soleil, grand vent.

28 kilomètres seulement, mais difficiles à cause d'un fort vent de face... Nous longeons un dédale de cours d'eau pour entrer dans Copenhague sans circulation.

Nous abordons Copenhague par le sud (Islands brygge) : c'est un quartier neuf, entièrement contemporain. Nous pique-niquons au pied de la résidence "Gemini" (ci-contre)... Pour les amateurs d'architecture contemporaine, Copenhague est une mine !

Nous remontons Havnebadet pour entrer dans le centre ville...

Ci-dessous, l'ancienne bourse.

... et visiter le Danish Design Center (petit musée à côté de Tivoli), puis nous allons à l'hôtel que nous avions réservé depuis la France.

Il est décevant : chambre minuscule pour le prix, très forte odeur (la gérante nous explique que l'hôtel a été inondé lors des fortes pluies du mois précédent, et il y a des remontées d'humidité. Voir une vidéo ici, ici, et ). Rétrospectivement, en regardant les vidéos je me dis qu'on a eu beaucoup de chance !

Le quartier de l'opéra. Ce soir il n'y a personne, j'aime beaucoup l'ambiance de ce quartier.

 

Cette année, Copenhague est occupée par deux activités radicalement opposées. D'une part, il y a la "fashion week", ce qui explique que tous les hôtels sont complets et que certains monuments soient fermés au public (par exemple le rådhuset). D'autre part, il y a parade des éléphants ! 102 statues d'éléphants sont disseminées dans la ville...


5 et 6 août : Copenhague

Plat, météo correcte.

Première étape du matin : la fameuse petite sirène. Qu'une aussi petite statue réunisse autant de monde ! Ce matin-là, le yacht royal manœuvrait dans le port, évènement assez rare d'après la charmante Danoise qui m'a accosté pour me l'expliquer... Retour au centre-ville.

La tour de la mairie (rådhuset) est fermée au public... Avant de passer à la suite, nous décidons de chercher une librairie vendant des livres français pour "refaire le plein". En cherchant dans plusieurs librairies, nous tombons sur une exposition d'objets en relation avec la parade des éléphants... Puis nous finissons par trouver le "Franske Bog Café", tenue par la charmante Cécile (voir ici). Nous y achetons quelques livres et y prenons un café... Cécile nous conseille un resto danois, que nous essayons, et qui nous charme :)

Ensuite, direction le musée national (voir ici), en particulier la section sur la vie danoise de 1600 à 2000.

Sur la route, nous remarquons la diversité des cyclistes : on peut parfaitement se déplacer à vélo en restant très élégant !

En sortant du musée, il pleut légèrement, donc direction l'hôtel pour une pause. Nous repartons plus tard pour manger, et nous nous retrouvons parmi une foule de gens qui viennent d'assister à un défilé (toujours la "Fashion week"). Nous voici donc en train de manger une part de pizza, habillés en cyclistes + kway, parmi toutes ces dames en tailleur et ces messieurs ultra bien habillés... quel contraste !

Le soir, Anne et Nathan décident de se reposer à l'hôtel, tandis que je sors me balader. A commencer par les quais, très animés, avec entre autres des concerts (ci-contre), mais aussi des expos d'art, etc.

 

... et bien sûr, je me régale en me promenant le soir en vélo dans Copenhague.

Le lendemain, grand soleil !

Et nous reprenons nos périgrinations...Nous passons brièvement par Christiania, mais on n'accroche pas, puis nous visitons "le diamant noir", l'extension moderne de la bibliothèque de Copenhague. C'est un magnifique bâtiment qui nous séduit tous !

 

Après un Smørbrød dans Frederiksberg, nous grimpons au sommet du clocher de Vor Frelsers Kirke (voir ici). Le panorama est extraordinaire !

En fin d'après-midi, nous retournons au parc de Frederiksberg, et nous assistons à un mariage. Cela n'a rien d'extraordinaire en soi, sauf que les invités, tirés à 4 épingles, viennent pour la plupart en vélo... Il y a de quoi méditer !

Nous retournons à l'hôtel pour la dernière nuit à Copenhague : demain, réveil de bonne heure et direction le sud ! J'ai retrouvé le plaisir de me promener dans Copenhague, j'en suis ravi !


7 août : Copenhague - Køge, 55 km

Plat, pluie puis soleil et vent.

Pluie au réveil ! On quitte la ville en cherchant moins qu'à l'aller (avec un peu de nostalgie ...) On retrouve très rapidement la campagne, mais on doit conserver les capes pendant quelques heures.

Heureusement, le temps s'améliore pour la pause pique-nique. Plus tard il fera même soleil, on pourra faire sécher les affaires. De notre passage à Copenhague, Nathan en ramène entre autres un petit drapeau fixé à son guidon !Le soir, nous aménageons notre campement

Puis nous sortons nous balader et boire un pot à Køge, qui a un charmant centre-ville, des rues piétonnes sympas...

Puis direction la plage et le port, avec en particulier une œuvre d'artiste pour célébrer la paix entre les peuples.


8 août : Køge - Feddet, 60 km

Menaces de pluie et d'orage qui se réaliseront le soir 15 minutes après le montage de la tente !

Réveil et départ tardifs. Nous retrouvons le littoral et nous nous amusons à reconnaître les lieux et à prévoir les directions à prendre. Normalement, nous ne devrions pas reprendre exactement la même route qu'à l'aller, mais faire un grand détour pour visiter les Møns Klint.

Heureusement, le temps s'améliore, malgré des menaces sporadiques. Les pistes sont toujours très variées !Nous avions déjà remarqué à l'aller que les Danois aiment beaucoup afficher leur drapeau national dans leurs jardins, leurs monuments, leurs maisons, etc.

Pique-nique sur le bord de mer à Rødvig. Ce moment de pause est très agréable. Au fur et à mesure de notre progression, les menaces se font de plus en plus précises. Le compte à rebours avant la pluie est enclenché, et nous arrivons au camping avant elle !

On monte vite le camp, et on s'aperçoit qu'à l'Ouest, on va avoir de la visite !

La pluie est arrivée environ un quart d'heure après le montage de la tente.

Il pleut toute la nuit... Heureusement, les locaux du camping sont très confortables et nous permettent de manger et de passer la soirée au sec.


9 août : Feddet - Koster, 38 km

Pluie avec quelques interruptions parfois puis amélioration dans l'après-midi !

Réveil et départ tardifs... Il y a heureusement des petites interruptions de quelques minutes entre les averses, ce qui permet de démonter le camp. On déjeune dans les locaux du camping, et on prend notre courage à deux mains...

On croise de nouveau des endroits "légèrement inondés". Nous bénéficions d'une éclaircie au moment des courses et du repas à Præsto, mais nous abandonnons l'idée de visiter les Møns Klint. Le vent et surtout la pluie sont terribles, tant pis ! Ça fait deux fois que je les loupe... Il me faudra donc revenir, mais en voiture cette fois !

A l'aller, nous avions connu Præsto et Koster sous un grand soleil, nous avons maintenant une autre vue sur ces paysages. Ce qui est curieux, c'est que l'on croise quand même beaucoup de cyclistes, même plus que les jours de soleil ! Nathan roule avec énergie, il a beaucoup de mérite. Nous arrivons au camping au sec ! Ce qui nous permet d'avoir une autre vue du pont déjà photographié plusieurs fois auparavant...

Pour conclure l'étape, je vous propose une maxime qu'on a eu le temps de peaufiner pendant qu'on roulait :

Un randonneur, c'est quelqu'un qui estime avoir de la chance d'avoir un temps de merde, car il aurait pu avoir un temps encore plus de merde !


10 août : Koster - Marielyst, 56 km

Nuit très très venteuse ! Journée venteuse mais sans pluie. Voir la maxime ci-dessus !

Décidement, on aura vu ce pont sous toutes les conditions météo ! Le vent souffle encore très fort au réveil, et va nous compliquer un peu la vie.

Heureusement qu'on a décidé hier de ne pas aller jusqu'aux falaises, car alors nous aurions vraiment galéré : notre itinéraire aurait compté une très grosse portion face à ce vent terrible.La route est belle, et nous profitons d'une bonne partie en forêt pour rouler à l'abri du vent.

A l'aller, nous avions emprunté un petit ferry que nous retrouvons, mais cette fois on nous invite à visiter la cale, le compartiment moteur, l'arbre d'hélice, etc. Le personnel est très fier de montrer ce vénérable moteur de 1959 qui tourne (heureusement pour nous !) comme une horloge.

Nous arrivons au camping de Marielyst au sec. Il est bien plus inondé qu'à l'aller... et la pluie recommence le soir, pour tomber toute la nuit avec force. Ici encore nous trouvons refuge dans un bâtiment pour cuisiner et manger le soir.


11 août : Marielyst - Schwaan, 54 km

36 heures de pluie non-stop. Voir la maxime du 9 août !

Il n'y a qu'une photo aujourd'hui, puisqu'il pleuvra toute la journée. Le matin, le camping est complètement inondé, la photo ne le montre pas... En discutant avec le gérant, il m'explique avec tristesse qu'il doit fermer le camping et clore la saison (on est le 11 août ) ! Une grande partie des emplacements est sous 10 à 15 cm d'eau, nous avons eu beaucoup de chance... Il est même difficile d'aller aux sanitaires. Nous plions sous la pluie, nous mangeons sous la pluie... et nous partons sous la pluie.

Le seul répit sera l'attente du ferry vers l'Allemagne, puis le ferry lui-meme : deux occasions d'être au sec.

A Schwaan, nous avons la chance de trouver une chambre libre, ce qui n'était pas gagné. En effet, à Rostock se tient une fête des bateaux énorme (Rostock Hanse Sail), ce qui fait que tous les hôtels, les auberges, les B&B sont complets sur plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde !

Tout est bien qui finit bien : la chambre est confortable, avec un prix raisonnable (55€ pour 3, avec cuisine). Mention spéciale à Nathan : quand à Rostock il a fallu repartir pédaler 20 kilomètres de plus avec cette météo, il n'a pas bronché et s'y est mis.


12 août : Schwaan - Krakow am See, 66 km

Pluie dans la journée. Voir la maxime du 9 août !

Départ au sec plein d'espoir. Une brume semble-t-il inoffensive couvre la forêt. Plus tard, quand la pluie revient et se renforce (voir la maxime du 9 août), Anne s'apercevra qu'elle a perdu sa fameuse cape jaune fluo !

Les champs sont évidemment plus inondés qu'à l'aller. Nous ne pourrons pas flâner au centre de Güstrow, ni profiter des alentours de Krakow, comme à l'aller ! Au camping, nous demandons le même local qu'à l'aller, et par chance il est libre. En flânant dans le camping, nous voyons une caravane qui garde la trace de l'autocollant "DDR".

Le sèche-linge nous permettra d'avoir une réserve de linge sec pour le lendemain !

Le soir, au moment de la traditionnelle bière, je suis embauché par la serveuse pour porter le fût de bière de la réserve jusqu'au bar.


13 août : Krakow am See - Kargow, 54 km

Soleil !

Hier soir, il y a eu de l'orage et des pluies très abondantes... Mais au réveil, tout est calme, et on part au sec. Le temps est mitigé et s'améliore de plus en plus jusqu'au soleil franc !

En repassant à Waren, on ne peut plus prendre le petit pont de la piste cyclable : elle est cette fois vraiment inondée et il y a une déviation... Quelle année !

Notons quand même le beau soleil. On pique-nique au bord du lac de Müritz, puis on se balade un long moment au centre-ville.

Mon vélo (son chargement surtout !) fait l'objet de nombreux commentaires...Le soleil est néanmoins trompeur : les terrains de camping sont saturés d'eau, je préfère rouler quelques kilomètres de plus et trouver un B&B "en dur" par précaution : avec l'âge, je cherche de plus en plus le confort !

Une fois arrivé, en attendant le propriétaire de la chambre, on fait soleiller les tentes, les sacs de couchage, etc. Puis, après le repas, on se promène dans le village. Rien d'extraordinaire, sinon d'immenses bâtiments agricoles abandonnés.


14 août : Kargow - Wustrow, 56 km

Soleil avec risque de pluie en soirée. Voir la maxime du 9 août !

Départ avec un petit déjeuner servi par le propriétaire. C'est quelqu'un qui a eu une vie très mouvementée, à l'instar de l'histoire récente de ce pays. Allemand né en Hongrie en 42, il n'a plus le droit de parler allemand à partir de 46, et devra le réapprendre plus tard à son retour en Allemagne, à la mort de Staline en 53. En 56, révolution, ce retour n'aurait plus été possible et des familles allemandes restent séparées.

Dans le village de Kargow, 85% des habitants sont des Allemands de Hongrie. Ensuite, il a été surveillant volontaire du mur (Freiwillige), pour un salaire 2 fois plus élevé que ce qu'il aurait gagné sinon. Il en veut aux Allemands de l'Ouest, qui d'après lui n'ont pas résisté à la séparation d'avec l'Est. Il conclut en expliquant que les Russes ne sont pas les seuls responsables, que les autres pays impliqués (US, France, Angleterre) étaient d'accord...

Quant à nous, le relief modéré nous permet d'avancer correctement.

Les traces de l'Allemagne de l'Est sont presque toutes effacées dans cette région. On remarque toutefois un grand nombre de bâtiments collectifs un peu tristes, présents partout y compris dans de tout petits villages.

Le soir, un peu de maintenance sur les vélos n'est pas superflue.


15 août : Wustrow - Liebenwalde, 77 km

Etape au sec !

Nous roulons très bien, le terrain redevenant progressivement plat.

En chemin, peu avant Ravensbrück, nous rencontrons des traces d'anciens bâtiments soviétiques à l'abandon depuis longtemps.

Nous traversons Fürstenberg, y faisant les courses au passage.

Et puis c'est Ravensbrück.

Il y a évidemment beaucoup d'émotion dans ce lieu.

Je trouve que l'architecte a réussi à transmettre beaucoup d'intensité : une partie des bâtiments a été rasée, et seules leurs empreintes sont visibles, sous forme de légères dépressions dans le sol. Des panneaux indiquent leurs fonctions.

Nous marchons tous les trois en réfléchissant et en échangeant nos sentiments.

Les habitants de Fürstenberg ne pouvaient pas ne pas savoir...

Comble du cynisme : en 1991, la chaine "Kaiser" a voulu construire un supermarché aux portes du camp de concentration... Heureusement une levée de boucliers a empêché cette hérésie, et le supermarché, bien que construit, n'a jamais servi.

Nous repartons sur la route de Liebenwalde. Cette visite nous a permis de beaucoup discuter, entre nous et avec Nathan. C'est ça aussi, le cyclo-tourisme !

Peu avant l'arrivée, nous avons enfin l'occasion "d'explorer" une cabane de surveillance des oiseaux et de chasse. Nous en avons rencontrées des dizaines tout au long du chemin.


16 août : Liebenwalde - Berlin, 70 km

Etape au sec, plat.

Nous roulons très bien, le terrain étant plat et le vent favorable ! Il y a de plus le syndrome "on sent l'écurie". On retrouve avec plaisir les paysages de l'aller, avec quand même certains passages nettement plus mouillés. Résultat : nous arrivons à Berlin relativement tôt dans l'après-midi, ce qui nous permet de retrouver la voiture, de la charger et de rejoindre la location prévue pour les quelques jours suivants... Béatrice, venant de Paris en avion, nous y rejoint aussitôt, superbe synchronisation !

Nous terminons donc nos 1300 kilomètres à vélo sans autres problèmes que la météo, ce qui finalement est bien peu !

Puisqu'il est tôt, nous décidons évidemment de ressortir en voiture pour découvrir Berlin... ça nous changera du vélo !

 

Nous commençons par flâner longtemps dans le quartier de la Potsdamer Platz. Il y a un contraste fort entre les restes du mur et les immeubles modernes.

Nous nous baladons dans le quartier et prenons un pot dans le Sony Center, et finissons la soirée par un petit restau à l'écart de la foule.

Le soir, surprise : le quartier où nous logeons est littéralement saturé de voitures, alors qu'il était très peu occupé lorsqu'on l'a quitté... Nous devons tourner 20 minutes avant de trouver une place : c'est décidé, demain, c'est en métro qu'on retournera visiter Berlin !


17, 18, 19 août : Berlin, à pied !

Plus de vélo smile

Les quelques jours à Berlin ne font pas partie de la rando à vélo proprement dite, mais Berlin était le but de voyage. Aucun d'entre nous ne connaissait cette ville, voici un petit aperçu de nos prérigrinations...

Lever tôt pour changer la voiture de place, car hier soir nous l'avions garée un peu "limite". Malheureusement, il n'y a absolument pas d'autre place libre, nous la laissons donc... et nous écopons d'une prune ! Dur début de séjour !

Direction le quartier du Reichstag, en flânant le long de la Spree.

Mais la visite de la coupole est interdite pour raison de sécurité ! Il aurait fallu réserver par internet à l'avance.

Hommage aux victimes du mur. Il est omniprésent dans Berlin, plus de 20 ans après sa disparition. On en trouve des traces partout, des mémoriaux, des musées...

Promenade sur la Pariser Platz jusqu'à la Brandenburger Tor. Nous reviendrons nous promener sur "Unter den Linden" le lendemain, mais ce n'est pas notre préférence.

Puis passage par le Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe. Ici aussi l'architecte a réussi à rester très sobre et à susciter le recueillement et un questionnement.

Mais Berlin garde encore des immeubles des années 50/60 représentatifs de la DDR...

Le "Kunsthaus Tacheles" est à l'origine un collectif de musiciens (du temps de la RDA) et est devenu une maison d'artistes contemporains. On peut visiter et acheter des œuvres.

Un peu plus loin, la nouvelle synagogue (Neue Synagoge).

Une chose qui frappe, quand on ne connait pas Berlin, c'est son étendue et le nombre incroyable d'espaces verts de cette ville ! Il y en a partout, et les Berlinois en profitent vraiment : promenades, pique-niques avec barbecues parfois, lecture, jeux de ballons...

Il y a une librairie d'art à côté du parc, dans laquelle on fait quelques emplettes.

Puis direction la cathédrale de Berlin. Un point de repère visible depuis presque partout, la Fernsehturm... 368 m quand même !

Le soir arrive et nous décidons de marcher sur Karl Marx Allee. Pour cela, direction Alexanderplatz

Et voilà cette immense avenue de 90 m de large, témoin des années passées. Le soir tombant, c'est assez impressionnant de se promener ici...

L'Ampelmann : c'est le nom du petit bonhomme rouge ou vert des feux de Berlin-Est. C'est en quelque sorte un symbole de cette ville, et les gens y tiennent beaucoup, à tel point que les feux de toute la ville ou presque ont été équipés avec.

La Spree et la Fernsehturm de nuit, avant le prendre une bière sur les quais.

Le lendemain matin, avant la foule, longue promenade devant la East Side Gallery : la plus longue portion du mur conservée tel quel, décorée par des artistes sur plus de 1,3 kilomètres de long.

Certaines des œuvres (restaurées récemment) sont très émouvantes, d'autres sont frappantes.

Nous continons avec le parc Görlitzer, assez étrange avec une gare abandonnée, laissée sur place et donc squattée !

Nous décidons de faire une pause café à côté du Checkpoint Charlie... Quelle déception : des acteurs jouent le rôle d'anciens gardes est-allemands, tout est kitch et artificiel.

Après un détour par Kreutzberg, nous filons aux Hackesche Höfe... Cet ensemble de cours intérieures est extraordinaire ! Non seulement l'architecture et la déco sont magnifiques, mais il y a des galeries d'art où on se régale les yeux en particulier la galerie Lumas (site ici).

Nous terminons ce super séjour par deux musées.

D'abord le Bauhaus-Archiv Museum für Gestaltung (site ici). Alors bon, d'accord, si on est insensible au look Bauhaus, il faut passer son chemin. Mais pour ceux qui sont comme nous attirés par ce mouvement, c'est un point de passage obligé. Nous y passons un excellent moment et je reviens les bras chargés de livres à potasser de retour en France... Il y avait peu de monde, on a eu le temps de flâner à notre rythme.

Le deuxième musée est celui consacré à la vie en DDR. Il y a malheureusement trop de monde dans celui-ci. Il y a beaucoup d'informations, certaines très intéressantes, mais l'exiguïté du lieu rend la visite fatiguante. Nous en sortons néanmoins satisfaits.

En retournant dans le quartier de la Hauptbahnhof, nous croisons une petite manifestation anti-nuclaire, et nous en profitons pour discuter un peu pour nous renseigner.

Nous prenons notre dernier verre à proximité de la Hauptbahnhof, en plein soleil au bord de l'eau, puis c'est le retour à l'appart pour faire les bagages et clore ces vacances magnifiques !

Auf Wiedersehen !