"Le comportement de modération" est mon deuxième livre, publié fin 2007 chez L'Harmattan.

 

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Il s'agit d'une réflexion qui me tenait à coeur depuis longtemps sur la modération des ambitions, des désirs. Celui qui se trouve heureux parce qu'il y a plus mal loti que lui rencontre souvent une certaine condescendance. Pourtant, il existe aussi dans la chanson, dans la littérature, dans les magazines et dans les choix de vie une certaine célébration des "plaisirs minuscules". Il fallait donc entreprendre un examen minitieux de cette attitude, de ses avantages et de ses inconvénients. Tel est l'objet du livre.

Voici les premières lignes de l'article que Valérie Colin a consacré au livre dans Le Vif/L'Express du 21 mars 2008 :

Les hautes ambitions, souvent vouées à l'échec, n'entraînent que de la frustration. Au contraire des « choses minuscules » de la vie : « Rêver petit », estime la sociologue française Anne, présenterait d'innombrables avantages existentiels.

« Moi, j'ai toujours rêvé petit, parce que j'aime bien que mes rêves se réalisent», confiait naguère, à Télérama, l'actrice française Ludivine Sagnier. Elle n'est pas la seule ! En 2000, plus de 41 % de ses compatriotes considéraient que le bonheur consistait à se satisfaire de ce que la vie réserve. Sont-ils encore plus nombreux aujourd'hui ? A la croisée des rayons psychologie, bien-être et spiritualité, le créneau « équilibre intérieur » fait en tout cas les beaux jours de l'édition francophone. Or, ce qui frappe, dans cette foison de livres et de magazines consacrés à la félicité, c'est la place accordée à la description des aspirations modestes. Voilà célébré le triomphe des « plaisirs minuscules », des « ravissements simples ». Se tenir sous les arbres en forêt. Observer les abeilles qui butinent. Parler le jour, puis dormir la nuit avec qui on aime. Toucher la peau d'un bébé. Raboter un bout de bois. Jouir d'un repas en famille, où rien d'extraordinaire ne se passe, sinon la joie d'être ensemble... Loin des excès et des passions violentes, toute cette attention portée aux petites choses de la vie, qui souligne la beauté d'instants fugitifs, de gestes infimes, de scènes quotidiennes, contribuerait à ouvrir aux individus une voie d'accès au bonheur. Curieux courant, d'autant qu'aucune expression consacrée du langage n'a jamais réellement désigné cette attitude qui consiste à restreindre ses ambitions. Dans les dictionnaires et encyclopédies, l'entrée « modération » n'est guère féconde. Quant au mot « modestie », il est souvent pris dans une autre acception - celle opposée à orgueil. En outre, excepté dans les recueils populaires de proverbes, où la modération est plutôt bien perçue, le patrimoine littéraire a souvent réservé une place restreinte à l'homme ordinaire, au type moyen qui se contente de peu - contrairement au modèle de l'ambitieux, d'emblée héroïque et flamboyant, car fascinant dans sa quête du pouvoir, de la reconnaissance et de la réussite. Enfin, il faut ajouter une quasi-absence de travaux scientifiques consacrés au thème des désirs modestes. Dans Le Comportement de modération. Rêver petit ou l'arrangement des rêves, la sociologue française Anne comble ce manque.